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H160M cherche HIL

Rédigé le 11/06/2018

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Présenté comme « la référence du bimoteur médium », le H160 s'est doté d'un « M », caractéristique des modèles destinés aux forces armées, afin d'asseoir pleinement son identité militaire. La chaîne d'assemblage de Marignane est prête et n'attend plus que les commandes clients - les premières ayant été reçues pour le civil.

La flotte d'essais, composée actuellement de trois prototypes, a accumulé près de 800 heures de vol, la certification en nécessitant 1 100 à 1 200. Les essais « haute température et haute altitude » (hot and high) sont prévus à partir de la fin juin à Denver. Au milieu de ce programme chargé, le prototype n°2 a effectué une tournée de démonstration et plus de 200 clients ont pu tester la machine.

Si les prospects de vente sont pour l'instant davantage tournés vers des clients civils, Airbus Helicopters rappelle que l'appareil a été pensé « dès le début » pour un usage militaire, sept études ayant été menées depuis 2010 avec la DGA, en prévision du programme HIL (hélicoptère interarmées léger). Dernier contrat en date, une étude de levée de risque, notifiée en décembre dernier.

Le programme HIL vise à remplacer toute une gamme d'hélicoptères de l'armée de terre (Gazelle), de l'armée de l'air (Fennec) et de la Marine nationale (Dauphin, Panther, Alouette III), à un horizon post-2025 - les premières commandes n'étant prévues qu'à partir de 2022 dans l'actuelle Loi de programmation militaire. Le besoin exprimé est de 169 exemplaires, l'ex-ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite sur le site de Marignane en mars 2016, avait alors déclaré que la commande française porterait sur 160 à 190 appareils.

Si la base militaire serait commune pour effectuer l'ensemble des missions spécifiques des forces armées - plus de 22 ayant été identifiées - les besoins sont cependant quelque peu différents d'une armée à l'autre (voir : Le futur hélicoptère interarmées léger, « ce n'est pas un appareil, c'est un concept »). Alors que la Marine nationale doit pouvoir apponter et faire face à la corrosion, l'armée de l'air a besoin d'un hélicoptère plus agile pour ses missions de police du ciel, mais aussi d'une perche de ravitaillement en vol - Airbus affiche une capacité de plus de deux heures de vol entre deux ravitaillements. Pales repliables manuellement, dérive escamotable, sont autant de caractéristiques étudiées pour l'embarquement sur frégate ou le chargement dans un A400M.

Une constante cependant : la nécessité d'armer l'appareil. Canon, missile léger, mitrailleuse sont prévus pour être intégrés sur le principe du « plug and play », afin de garder la possibilité de reconfigurer l'appareil en fonction de la mission. L'autoprotection fait quant à elle encore l'objet d'études et la protection antiballistique, non-native, pourra être ajoutée par la suite.

Concernant la partie maintenance, l'idée est de « donner beaucoup d'autonomie aux futurs utilisateurs ». Sur le papier, le H160 pourrait effectuer 50 heures de vol sans intervention de mécaniciens et aucune dépose ne serait nécessaire avant 1 000 heures de vol ou un an d'utilisation. Les discussions avec les autorités militaires sur l'environnement de maintenance se poursuivent, dans le but de simplifier au maximum le travail de l'opérateur et les analyses.

Avec l'intégration de HUMS (Health and usage monitoring systems) sur différents systèmes du H160, Airbus Helicopters cherche résolument à « ouvrir la voie de la maintenance prédictive », à anticiper les défauts, le plus en amont possible du seuil d'alerte. L'hélicoptériste est ainsi convaincu que « c'est l'avenir de la maintenance hélicoptère ». Pour le H160M, il s'agirait de pouvoir décharger la « cassette » toutes les 50 heures de vol et d'opérer des analyses automatiques, avec des algorithmes évaluant le niveau de d'alerte. Les travaux sont également en cours avec la DGA pour assurer la confidentialité des transmissions, les données étant également diffusées vers Airbus Helicopters.

Reste maintenant à poursuivre les développements, aussi bien civils que militaires, tout en cherchant des prospects exports, afin de sécuriser la chaîne de production et « rentabiliser » les dépenses engagées sur ce programme - structurant pour les prochaines décennies.

Source : ( le journal de l’aviation )